Le concept de valeur

Pour Schwartz, une valeur est une croyance qui se rapporte à une fin ou un comportement désirable, l’expression de motivations destinées à atteindre des objectifs particuliers. Et pour chaque individu, les valeurs sont ordonnées selon leur importance relative en tant que principes qui guident sa vie.

Le modèle de Schwartz

  • Autonomie. Objectif : indépendance de la pensée et de l’action – choisir, créer, explorer. (créativité, liberté, choisissant ses propres buts, curieux, indépendant, amour propre, intelligent, droit à une vie privée)
  • Stimulation. Objectif : enthousiasme, nouveauté et défis à relever dans la vie. Les valeurs de stimulation découlent du besoin vital de variété et de stimulation. (une vie variée, une vie passionnante, intrépide)
  • Hédonisme. Objectif : plaisir ou gratification sensuelle personnelle. Les valeurs d’hédonisme proviennent des besoins vitaux de l’être humain et du plaisir associé à leur satisfaction. (plaisir, aimant la vie, se faire plaisir)
  • Réussite. Objectif : le succès personnel obtenu grâce à la manifestation de compétences socialement reconnues. (ambitieux, ayant du succès, capable, ayant de l’influenceintelligent, amour-propre, reconnaissance sociale)
  • Pouvoir. Objectif : statut social prestigieux, contrôle des ressources et domination des personnes. (autorité, richesse, pouvoir social, préservant mon image publique, reconnaissance sociale)
  • Sécurité. Objectif : sûreté, harmonie et stabilité de la société, des relations entre groupes et entre individus, et de soi-même. (ordre social, sécurité familiale, sécurité nationale, propre, réciprocité des services rendusen bonne santé, modéré, sentiment d’appartenance)
  • Conformité. Objectif : modération des actions, des goûts, des préférences et des impulsions susceptibles de déstabiliser ou de blesser les autres, ou encore de transgresser les attentes ou les normes sociales. Les valeurs de conformité proviennent de la nécessité pour les individus d’inhiber ceux de leurs désirs qui pourraient contrarier ou entraver le bon fonctionnement des interactions et du groupe. (obéissant, autodiscipliné, politesse, honorant ses parents et les anciens, loyal, responsable)
  • Tradition. Objectif : respect, engagement et acceptation des coutumes et des idées soutenues par la culture ou la religion auxquelles on se rattache. (respect de la tradition, humble, religieux, acceptant ma part dans la viemodéré, vie spirituelle)
  • Bienveillance. Objectif : la préservation et l’amélioration du bien-être des personnes avec lesquelles on se trouve fréquemment en contact. Les valeurs de bienveillance proviennent de la nécessité pour le groupe de fonctionner de manière harmonieuse (secourable, honnête, indulgent, responsable, loyal, amitié vraie, amour adulte, sentiment d’appartenance, un sens dans la vie, une vie spirituelle)
  • Universalisme. Objectif : compréhension, estime, tolérance et protection du bien-être de tous et de la nature. Les valeurs d’universalisme proviennent du besoin de survie des individus et des groupes. (large d’esprit, justice sociale, égalité, un monde en paix, un monde de beauté, unité avec la nature, sagesse, protégeant l’environnement, harmonie intérieure, une vie spirituelle)

La théorie de Schwartz décrit les relations de compatibilité et d’antagonisme que ces valeurs entretiennent les unes avec les autres, en d’autres termes la structure des valeurs. Cette structure provient du fait que lorsque l’on agit selon une valeur, cela a des conséquences qui entrent en conflit avec certaines valeurs et sont compatibles avec d’autres.

Ce modèle des valeurs est représenté par une structure circulaire : plus les valeurs sont rapprochées, plus elles partagent des motivations communes et sont compatibles. Plus elles sont éloignées, plus elles peuvent entrer en conflits.

Deux grandes dimensions résument ces relations d’antagonisme et de compatibilité :

  • L’ouverture au changement (regroupant autonomie, stimulation et hédonisme) s’oppose à la continuité(regroupant conformité et tradition).
  • Le dépassement de soi (regroupant bienveillance et universalisme) s’oppose à l’affirmation de soi (regroupant pouvoir et réussite).

 

Shalom Schwartz, Les valeurs de base de la personne : théorie, mesures et applications, traduction Béatrice Hammer et Monique Wach, Revue française de sociologie